l Inde, grand changement

Publié le par tortues-eux

Apres un mois et demi en Malaisie, pincement au coeur et a la fois excitation de changer de pays.
A peine sortis de l avion, nous plongeons dans l esprit indien : les petits marchands ou artisans sur les trottoirs en terre vendent bananes, biscuits, the chai (pas de chaise pour s asseoir) ou reparent parapluie, chaussures ou velo, au milieu des klaxons des velos, tuck-tuck, taxis, bus, des odeurs de poubelles, pots d echappement, bouses de vaches. Certaines maisons sont en dur, en ville notamment, beaucoup sont en bois et feuilles de cocotier tressees, en "banlieue", car entre 2 villes il y a rarement de campagne sans habitation, il n y a pas vraiment de village car les indiens habitent le long des routes ou a cote de leurs champs.
Ceci dit nous decouvrons des paysages de grande richesse culturelle : des rizieres que les femmes plantent a la main, que les hommes labourent avec leur boeuf ; des plantations de cafe et sur le toit de la maison juste a cote les grains qui sechent au soleil ; ...
Le mode de vie des indiens nous fait repenser a l epoque de nos  parents, meme grand-parents (que nous n avons pas vecue), dans nos pays l industrie nous a ratrappes et nous a fait perdre un sacre patrimoine de savoir-faire, les indiens travaillent beaucoup de leurs mains : cuisine au feu de bois (sans cheminee parfois, je vous explique pas la fumee ! ), les femmes qui portent sur leur tete des fagots de bois cherche dans la foret ou des jarres d eau tiree du puit, un homme qui conduit une caleche tiree par ses boeufs, une vente de chevres en ville et chacun qui repart avec sa/ses chevre(s) a moto (avec ou sans remorque), des hommes courageux qui creusent a la pelle et portent sur la tete les seaux de pierres/terre, etc.
A cela on ajoute que les indiens mangent avec les doigts, lavent leur linge dans la riviere, etc. Cest sur qu au niveau hygiene, les indiens sont loin d utiliser nos produits concoctes par nos chimistes qui lavent plus blanc que blanc ! Quand meme, l hygiene alimentaire et l hygiene corporelle sont correctes. Pour preuve, on n est pas malades ! Le reste nous fait reflechir : pas de poubelles dans les rues ou les dechets s accumulent partout au cours de la journee pour etre balayees que le lendemain matin, donc des cafards, des rats qui se regalent la nuit venue ; pas de carrelage, ni souvent de fenetre dans les salles de bains, donc les murs qui prennent l humidite ; les hommes comme les animaux qui font leurs besoins dans la rue ; pas de traitement de l eau, donc (nous autres blancs qui avons un systeme immunitaire trop faible du coup?) il faut la bouillir pour la boire... Les raisons de ce besoin d hygiene nettement inferieur au notre sont-elles financiere ? materielle ? spirituelle ? Les materiaux coutent chers et ne sont visiblement pas leur priorite en tout cas. Ou peut etre faut il retourner la question dans l autre sens : pourquoi et comment avons-nous evolue dans nos pays vers ces besoins de proprete ? Les indiens ont peut etre une vision de la nature ou l homme n est pas au sommet de la pyramide, mais un etre vivant parmi tant d autres. Il faut se debrouiller avec ce que la nature nous offre, ne pas vouloir la transformer ni l allourdir d objets non indispensables a la vie...
Du coup, nous pouvons percevoir un certain respect dans certaines traditions : se laver les mains avant et apres le repas, manger uniquement de la main droite ( la gauche fait les  "choses sales"), balayer devant chez soi et sur le trottoir tous les matins, se dechausser en entrant quelque part, ... Et aussi une certaine simplicite : pas besoin de couverts, de papier WC, de voiture, pas de gaz pour cuisiner, pas d eau chloree pour se laver ou faire sa lessive... Une question d argent, me direz-vous... les indiens ont quand meme souvent un tel portable... donc je dirais une question de priorite et pour beaucoup de tradition.
Aussi, bien entendu, nous, blancs, ne passons pas inapercus, pour autant que nous sommes des blancs qui ne prennent pas le taxi ! A pied ou en bus, nous nous faisons accoster : un groupe d enfants qui nous suit et nous demande de l argent, un groupe de jeunes qui rigolent en nous regardant dans le bus, des femmes qui nous devisagent, ... mais aussi une petite fille de 6 ans environ qui est capable de me dire en anglais " you are beautiful", des hommes qui s arretent pour nous guider, des femmes qui nous sourient et sont fieres de nous dire leur prenom, essaient de communiquer (ne parlant pas anglais)...

Ne vous effrayez donc pas. Les differences culturelles sont grandes, mais des gens ouverts se trouvent partout dans le monde. Nous en avant eu l experience en Malaisie, il en est de meme en Inde. Quand nous nous sommes arretes quelques jours dans les montagnes du Kerala (Kumily), interesses par les plantations de cafe, cardamome, piment, girofle, vanille, poivre, citronnelle...(mmmmmmh!), nous avons rencontre une famille d indiens qui nous a invites a venir manger chez eux tous les jours que nous serions la, nous a offert des produits de leur "spice garden" que nous venions de visiter, nous ont paye l entree d un parc avec des maisons traditionnelles, sachant que christophe s interesse a la construction, d un spectacle traditionnel de musique et danse, ... A un certain point que cela devenait genant pour nous ! Une belle lecon de generosite. De la curiosite ? pas seulement. Ils nous ont dit nous trouver des gens simples comme eux. Nous avons vecu avec eux des moments de reelle amitie, en toute honnetete, sincerite : accueil chaleureux, respect mesure, ecoute avec interet, envie de partager, de se revoir, de venir en France... Les femmes de la famille (les indiens vivent a plusieurs generation dans la meme maison) m ont fait essayer le sari, tenue traditionnelle et quotidienne des indiennes, et me l ont finalement offert car elles trouvaient qu il m allait bien ! En me voyant porter le sari, les indiens dans la rues avaient un regard different : moins de curiosite, plus de sympathie.

Nous sommes a present a Auroville qui nous a decu. Cette cite est composee de communautes ou la gestion economique est basee sur l echange de services. Une belle valeur humaine, seulement la generosite des gens semble moins facile a acquerir que l argent... Et beaucoup d aurovilliens sont europeens, nes dans la culture du profit, du confort. Ainsi les prix pratiques egalent presque ceux de l Europe, il nous faut payer pour travailler en tant que volontaires ( seul le repas de midi nous est offert). Tout cela est dommage, car Auroville a ete cree dans le reve d une societe libre et pacifique, d un ideal de vie base sur la collaboration, la fraternite...
Nous apprenons tout de meme des pratiques differentes. Dans la communaute ou nous faisons du volontariat, nous avons remis en etat une maison en bois et feuilles de cocotier qui s etait ecroulee (nous sommes prets pour construire une cabane dans les arbres a notre retour a l Isle!). Nous apprenons a faire de la permaculture = plantations oranisees de maniere a reconstruire la nature dans le jardin (plantation darbres dans le potager, dechets verts laisses au sol...). Et nous avons decouvert le philosophe Krishnamurti qui parle d une education qui permettrait d atteindre une pensee independante par rapport a notre systeme base sur la competition, sur le suivi d un modele commun qui ne permet que peu d etre different des autres, car "il faut" souvent se soumettre. L enseignement permettrait a l enfant de se comprendre soi-meme, de s interroger sur la vie, d etre libre de tout modele pour mieux affronter la vie, et avec plus d amour et de respect. Refouler ses conflits, ses peurs interieures pour se developper en toute curiosite. Un ideal ? Je suis curieuse en tout cas...

En ce qui concerne la suite de notre periple, apres avoir degage un premier semblant de parcours dans l Inde (cf article precedant), nos rencontres nous ont fait changer d avis. Une possibilite de volontariat pendant un mois dans une ecole tres alternative a Tiruvannamalai (2h au NO de Pondicherry) s offre a nous, avec une education basee sur la philosophie de Krishnamurti et des choses innovantes dans la construction pour Christophe. A confirmer. Et nous n irons a nouveau pas dans les montagnes de l Himalaya car en janvier il y aura de la neige. En fait nous ne prevoyons pas car les experiences nous font prendre d autres directions.

Merci pour vos commentaires. Nous les lisons a chaque fois avec plaisir. Continuez ! Ou commencez pour ceux qui n ont pas eu l occassion encore...!
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B
<br /> Votre récit du 29/11 est un vrai régal. L'essentiel de la vie reprend sa place et fait paraître nos modes de vie si futiles. Merci pour ces expériences que vous partagez avec nous. Nous avons reçu<br /> vos photos, j'en ai amené une aux Tatas. Bises à vous deux.<br /> <br /> <br />
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J
<br /> Coucou!<br /> Je ne savais pas que tu étais partie! Julie m'a tenue au courant la semaine dernière.<br /> <br /> Je viens de lire ton blog avec délectation! Quelle aventure, je suis partagée entre 2 sentiments : un sentiment de bonheur pour vous 2, qui aviez ce beau projet en tête et qui se réalise et un<br /> sentiment d'envie : vous lire me fait voyager et j'adore ton point de vue sur les choses, c'est clair que ça fait réfléchir!<br /> J'ai encore envie de te lire! Je suis consommatrice de ton blog... je te jure que ça n'est pas malsain! ;)<br /> Sinon, des petites nouvelles : moi aussi je suis en train de vivre une grande aventure : j'attends un bb pour mai! Je suis heureuse mais je me pose aussi beaucoup de question quant à mon changement<br /> de "statut" mais bon, ça c'est une autre histoire!<br /> En tout cas, je vous embrasse bien fort, profitez de chaque minutes de votre périple et je vous suis jusqu'en juin, maintenant que j'ai l'adresse de ton blog!<br /> Gros bisous frisquets et humides de Moselle!<br /> <br /> <br />
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P
<br /> Je vais essayé de mettre des planches sur la tête de maman ou des bambous pour approvisionner mon chantier ?<br /> Je pense bien à vous, profitez en.<br /> Bisous papa Claude<br /> <br /> <br />
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J
<br /> Que de merveilles dans ces pays orientaux des fruits à profusions le travail est tellement rude que je ne peux me resonner.N'y a t'il pas de probléme sanitaire ,parle de la grippe h1n1?<br /> <br /> <br />
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C
<br /> Même si la vie des Indiens semble être loin de la nôtre, on serait bien avec vous ... mais bon pas top qd meme vu mon "état" ! Votre récit est intéressant, c'est sympa de nous le faire partager.<br /> Belles photos aussi... et pas mal celle avec Christophe l'européen en short court et Cécile en sari indien !!! Bisous à vous 2 en espérant que votre prochaine étape sera toujours aussi riche.<br /> <br /> <br />
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